Extraits de lecture "Je deviens un lieu"

Publié le 22 juillet 2026 à 15:46

10 — Ce que je choisis

Je choisis de me traiter avec douceur.
Je choisis de ne plus me punir pour ce que je ressens.
Je choisis de me donner le droit d’être humaine,
avec mes élans, mes peurs, mes contradictions.
Je choisis de me parler comme à quelqu’un que j’aime.
Et dans ce choix, quelque chose se transforme.
Je deviens un lieu où je peux revenir,
sans honte, sans masque, sans détour.

11 — Là où je me parle enfin

Il m’a fallu du temps pour apprendre à me parler sans me juger.
Longtemps, mes mots intérieurs étaient des murs, des rappels, des exigences.
Puis un jour, j’ai essayé autre chose :
je me suis adressé à moi comme à quelqu’un que je voulais préserver.
Les phrases ont changé de forme,
elles ont cessé de serrer, elles ont commencé à ouvrir.
Depuis, je découvre que la douceur n’est pas un luxe,
mais une manière de survivre à soi-même.
Et dans cette voix nouvelle, je me reconnais davantage.

12 — Les fragments qui brillent

Je suis faite de morceaux, certains lourds, certains légers.
Certains que je voudrais oublier, d’autres que je voudrais garder près de moi.
Mais il y a aussi ces fragments qui brillent sans que je sache pourquoi.
Des instants minuscules, des gestes, des souvenirs qui éclairent mes ombres.
Je les rassemble comme on ramasse des cailloux lumineux sur un chemin.
Ils ne forment pas une route, mais une constellation.
Et dans cette constellation, je trouve une direction qui ne ment pas.

13 — Ce que je n’ai jamais dit

Il y a des phrases qui sont restées coincées dans ma gorge.
Des vérités trop lourdes, trop fragiles, trop incertaines pour être offertes.
Je les ai gardées comme des secrets,
pensant qu’elles disparaîtraient si je les laissais dormir assez longtemps.
Mais elles ont continué à respirer en moi,
à demander une place, un regard, une reconnaissance.
Alors je les écris ici, sans bruit, sans éclat.
Parce que dire, parfois, c’est simplement se libérer de ce qui attendait.